Newsletter septembre 2026
Chers amis et amies,
Chers sympathisantes et sympathisants,
Depuis octobre 2023 et la guerre à Gaza, la situation continue à se détériorer partout, y compris en Cisjordanie. Nos partenaires, les étudiants et les professeurs traversent des périodes très sombres et persistent cependant dans leurs cursus, au prix d'adaptations constantes et avec beaucoup de persévérance.
Hope maintient, autant que possible, une communication régulière avec eux. Au-delà du suivi des boursiers, nous nous préoccupons des conditions dans lesquelles ils vivent leur quotidien et parviennent à poursuivre leurs études.
Cette fois-ci, il nous a tenu à cœur de demander à nos partenaires des nouvelles des anciens étudiants boursiers afin d'avoir une idée plus concrète de leur devenir, une fois leur diplôme obtenu.
Vous pourrez lire dans cette lettre les informations reçues de l'École de musique Al Kamandjâti et de l'école de santé communautaire du Palestinian Medical Relief Society, qui illustrent le devenir de quelques-uns de nos anciens boursiers.
Parcours d'anciens de l'École de musique Al Kamandjâti
Asma (boursière 2020-2023) violoniste, a obtenu un diplôme à Al Kamandjâti, où elle a eu l'occasion de participer à de nombreux concerts, à des orchestres et à des groupes de musique de chambre. En 2025, elle a obtenu un diplôme de bachelière en musique à l'université de Birzeit.
A Al Kamandjâti, Asma a pu bénéficier de l'enseignement de professeurs expérimentés et progressivement, prendre de plus en plus de responsabilités vis-à-vis des autres étudiants. Cette expérience l'a aidée à développer sa confiance en elle-même et ses compétences pédagogiques.
Après avoir obtenu son diplôme, elle a commencé à travailler comme musicienne et professeur de violon dans plusieurs centres de musique en Palestine, dont Al Kamandjâti.
En plus de l'enseignement, Asma continue à se produire dans des concerts, dans l'ensemble Al Fanfar, dans des groupes de musique orientale, des festivals et des événements culturels à travers la Palestine. Elle a participé aussi à des enregistrements en studio. Elle a signé récemment un contrat avec l'Ensemble de musique gouvernemental de Palestine, ce qui lui a permis de se produire lors de cérémonies officielles et d'évènements nationaux.
Shadi (boursier 2019-2020) violoniste, a atteint le niveau 5 à Al Kamandjâti. Lorsqu'il a commencé des études en administration des affaires à l'université, il a mis en pause ses leçons de violon de manière à se focaliser sur ses études. Le fait qu'il ait étudié à Al Kamandjâti et ait réussi son évaluation musicale lui a donné des points supplémentaires pour son admission à l'université. Il a ensuite rejoint le groupe musical de l'université et a participé à de nombreux concerts tout en travaillant à l'obtention de son diplôme. Il a obtenu un diplôme de bachelier en business administration.
Quoiqu'il travaille actuellement à la Banque de Palestine à Ramallah, Shadi continue à se produire avec des orchestres et à participer à des évènements musicaux, laissant ainsi à la musique une place importante dans sa vie.
Yaqout (boursière 2018-2024) violoncelliste, a atteint le niveau 5 à Al Kamandjâti et est une membre active de l'Orchestre Al Kamandjâti, participant aux principaux concerts de l'Association. Elle est aussi membre de l'Ensemble Oriental de Jénine et de l'Ensemble soutenu par la Fondation suisse Drosos.
Elle continue à développer ses compétences musicales par des leçons particulières hebdomadaires de violoncelle, des classes d'Ensemble oriental, des répétitions d'orchestre et des sessions de résidence artistique.
Elle se prépare aujourd'hui à devenir enseignante de violoncelle pour débutants.
Témoignages d'anciens de l'École de santé du PMRS
Les bourses octroyées aux étudiantes de l'École de Santé communautaire du Palestinian Medical Relief Society ont joué un rôle essentiel en leur permettant de mener à bien leur cursus diplômant et d'améliorer leurs perspectives d'emploi.
De nombreuses diplômées ont ainsi trouvé un emploi et travaillent aujourd'hui dans divers secteurs, comme le PMRS (en tant qu'agentes de santé communautaire au sein d'équipes de cliniques mobiles), des ministères (Santé et Affaires sociales), des établissements de santé privés, des organisations privées (l'une de soins à domicile destinés aux personnes âgées, l'autre spécialisée dans le handicap), voire au sein d'entreprises ou d'organisations en dehors du secteur de la santé, démontrant ainsi la polyvalence des compétences et des qualifications acquises durant leurs études.
Certaines étudiantes ont décidé de poursuivre leur formation, notamment en suivant le programme de soins infirmiers ou de sage-femme de l'École de Santé communautaire du PMRS, ce qui leur a permis d'obtenir une qualification professionnelle supplémentaire et leur a ouvert de plus larges perspectives de carrière dans le secteur de la santé.
La plupart des diplômées se sont mariées et apportent un soutien financier bienvenu à leurs familles.
Alaa (27 ans) : 5ème d'une famille de 8 (4 sœurs aînées et 3 frères), elle a perdu son père à 17 ans, un an avant de terminer ses études secondaires. Sa mère, qui avait entendu parler de l'École de santé communautaire, l'y a inscrite. Durant ses études, un de ses frères, âgé de 18 ans, a été arrêté par l'armée israélienne pour avoir jeté des pierres. Parallèlement, sa mère a été diagnostiquée pour un cancer du sein. Alaa a ainsi pu faire face à la maladie de sa mère, la soutenir et participer à ses soins tout au long de son traitement.
Elle nous écrit : « (…) J'ai choisi le domaine de la santé car j'ai toujours cru que le plus beau don qu'un être humain puisse offrir est d'aider autrui ; cette aspiration s'est transformée, au gré de mes études et de mon expérience professionnelle, en une véritable mission que je tiens à poursuivre. (…) j'ai réussi, malgré des circonstances variées, à avancer, à évoluer, à lancer mon propre projet et à rester fidèle à mon ambition de poursuivre mes études et de bâtir mon avenir (…). Dieu merci, mon expérience au sein de l'École a été exceptionnelle et très enrichissante ; j'ai énormément profité tant de l'enseignement théorique que de la formation pratique, d'autant plus que je me sentais véritablement à ma place dans le domaine de la santé et du service à la communauté (…).
Tout au long de mon parcours, j'ai veillé à me perfectionner et à acquérir de nouvelles compétences et expériences. J'ai ainsi suivi de nombreuses formations (…) en gestion du temps et des crises, en premiers secours psychologiques et sur l'impact des guerres sur les enfants. (…) dans le domaine de la santé, …
Aujourd'hui, je poursuis mes études universitaires parallèlement à ma carrière professionnelle car pour moi, les études ne se résument pas à l'obtention d'un diplôme ; elles constituent un moyen de me perfectionner, de concrétiser mes ambitions dans le secteur de la santé et de servir la communauté.
Parallèlement à mon travail et à mes études, j'ai récemment lancé mon propre projet : un atelier de couture. Cette initiative est née de ma passion pour la broderie et de mon désir de transformer ce passe-temps en une activité productive et durable. (…)
En repensant aux années écoulées, je constate qu'elles ont été jalonnées de défis et d'épreuves difficiles ; toutefois, ces expériences ont contribué à forger ma personnalité et à renforcer ma capacité à assumer des responsabilités ainsi qu'à gérer les crises. Chaque étape traversée (…) a renforcé ma détermination à aller de l'avant et ma conviction que les circonstances difficiles peuvent être le point de départ d'une force nouvelle et d'une ambition accrue. »
Bissan nous explique : « Je me suis spécialisée en santé communautaire et j'ai obtenu mon diplôme. J'ai également trouvé un emploi et je travaille aujourd'hui comme superviseure sociale dédiée à la protection des femmes. Ce poste m'a permis de mieux comprendre les problèmes auxquels les femmes de notre société sont confrontées et d'apprendre à gérer ces situations. »
Sarah témoigne : « (…) Après l'obtention de mon diplôme, j'ai commencé à travailler dans un centre médical spécialisé dans le laser et les soins de la peau ; j'y poursuis le développement de mes compétences pratiques et enrichis mon expérience dans le domaine de la santé. Par ailleurs, je me suis investie dans le bénévolat au sein de plusieurs centres médicaux, en participant aux soins et aux traitements des patients, ainsi qu'aux visites à domicile auprès de personnes âgées et de personnes ayant des besoins spécifiques. Ces expériences ont renforcé mes compétences professionnelles et humaines, tout en consolidant ma conviction quant à l'importance de la profession d'infirmière et de son rôle au service de la communauté. »
En nous transmettant ces témoignages, le PMRS relève que le « parcours de ces diplômées témoigne de la contribution considérable des bourses de HOPE à la formation et aux perspectives des étudiantes de l'École de Santé communautaire. (Elles leur) ont non seulement permis de mener à bien leurs études et d'obtenir leur diplôme (…). Grâce aux (emplois variés qu'elles) occupent (…), les diplômées de l'École de santé communautaire apportent une contribution précieuse à leurs communautés en mettant à profit les connaissances et les compétences acquises durant leur formation tout en acquérant l'autonomie économique nécessaire pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles ».
***
Hope en 2026-2027
Ces informations et ces témoignages reçus de nos partenaires illustrent le courage, l'espoir et la persévérance de nos étudiants et étudiantes et plus largement, de l'ensemble de la population palestinienne.
Cela nous conforte évidemment dans la volonté de poursuite de notre action.
Du reste, et comme annoncé dans notre lettre d'info du mois d'avril, pour l'année académique 2026-2027, nous avons décidé d'augmenter de 4 le nombre de bourses, dont 2 à Al Kamandjâti et 2 à PMRS ; cela porte à 50 le nombre de bourses pour cette année, réparties comme suit :
- 17 à Arab American University of Palestine ;
- 15 à Al Quds University ;
- 11 au PMRS ;
- 7 à Al Kamandjâti.
Nous avons également besoin de renforts pour assurer les nombreuses tâches que nécessite le bon fonctionnement de l'association.
Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Si vous êtes intéressé·e ou si vous souhaitez en savoir plus sur la teneur de notre travail, n'hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone (Gabrielle : 0472 778 887, Françoise : 0498 040 103).
Nous vous remercions d'ores et déjà pour votre générosité et pour votre éventuel engagement personnel à nos côtés.
***
Prochaines activités : deux repas de solidarité au bénéfice de Hope, l'occasion de nous rencontrer, d'échanger sur nos actions et projets, … :
- Le 16 octobre 2026, dès 18h30, à Namur :
Adresse : à la salle Abbé Raty, 32, rue de la Cure de Saint-Marc à 5003 Saint Marc (Namur)
Tarif : 40 € par personne - Réservation par virement sur le compte de HOPE avant le 10 octobre avec la communication « repas HOPE Namur 16/10/26 »
Infos : contacter Colette au 0474/72 00 45 ou colette.godfrin@gmail.com
- Le 14 novembre 2026, dès 19h, à Bruxelles :
Adresse :au Gemeenschaapcentrum WABO, 39/43, avenue Delleur à 1170 Watermael-Boitsfort.
Tarif : 40 € par personne - Réservation par virement sur le compte de HOPE avant le 8 novembre avec la communication « repas HOPE Wabo 14/11/26 »
Infos : contacter Muriel au 0476/86 00 25 ou Françoise au 0498/04 01 03 ou info@hopeforpalestinianstudents.be
N'hésitez pas à partager largement les informations ci-dessus et notre appel à soutien.
L'équipe de Hope
