Newsletter septembre 2025

06/05/2026

Chers amis et amies,

Chers sympathisantes et sympathisants,

Comme vous le savez, du fait de la guerre à Gaza et des restrictions imposées à l'entrée dans tout le territoire occupé par Israël, HOPE n'a plus été en mesure de réaliser de mission en Cisjordanie depuis octobre 2022.

Une troisième année académique se termine donc sans que nous ayons pu rencontrer ni les comités locaux ni les boursiers et boursières, ni leurs enseignants et enseignantes, dans leur cadre ou leur environnement de travail.

Des témoignages directs de nos étudiants et étudiantes

Pour pallier quelque peu ce manque de contacts directs, le CA de HOPE a voulu recueillir des témoignages des étudiant·es en les interrogeant, avec l'aide des comités locaux, sur leur cadre de vie, leurs choix et leurs conditions d'études, leur vie sociale, le contexte d'insécurité, leurs difficultés, leurs ressentis, … C'est sur base volontaire que 16 étudiant·es des écoles de musique Al Kamandjâti, de l'École de santé communautaire du PMRS, ainsi que de l'AAUP (Jénine) ont répondu.

Qui sont-elles/ils ?

Des jeunes femmes et des jeunes hommes entre 14 et 26 ans mais aussi une femme de 42 ans qui vit seule avec 4 enfants.

Concernant leur situation familiale, deux mentionnent le décès d'un père et une maman veuve élevant ses enfants avec l'aide d'une grand-mère, chez qui toute la famille réside ; les autres vivent en famille, parfois nombreuse. Leurs pères, quand ils travaillent, sont employé, employé de banque, ouvrier… ; des mères sont femmes de ménage.

Quels programmes suivent ils/elles ?

Á l'école de musique Al Kamandjati, les instruments pratiqués par les répondantes sont soit le violon, soit le 'OUD', le luth arabe, instrument traditionnel du Moyen-Orient. Les cours sont individuels mais aussi en petite formation, appelée takht, petit ensemble musical typique de la musique arabe traditionnelle.

Y.A., 26 ans : « Je vais au « Kamandjati Center » environ 3 fois par semaine pour des leçons individuelles ou collectives comme le takht. Je vais aussi à Ramallah une fois par mois en transport public et parfois, le trajet est pénible à cause de la fermeture de points de contrôle ».

A l'École de santé communautaire de Ramallah (PMRS), les jeunes femmes sont formées pour devenir des travailleuses en santé communautaire avec, pour l'une d'entre elles, un complément en soins infirmiers.

A l'AAUP de Jénine, les répondant·es suivent les formations suivantes : nursing (avec une préférence pour les soins en maternité), prothèses et orthèses, pharmacie et ingénierie biomédicale. Les cours se donnent régulièrement en amphithéâtre, parfois en ligne. Un accompagnement et une aide psychologiques sont dispensés par un service social bienveillant.

Quelles sont leurs difficultés ?

Toutes et tous évoquent les problèmes récurrents de déplacements du fait de la rareté, des retards, de la suppression des transports en commun. Les contrôles fréquents, la fermeture des routes et l'établissement de checkpoints par l'armée israélienne affectent durement leur existence et font de leur vie une vie difficile, fatigante et angoissante.

Y.A, étudiante à Al Kamandjâti, Jénine : « De nombreux projets et spectacles sont annulés en raison de l'instabilité et des difficultés routières, ce qui rend difficile l'entraînement (musical) sans objectifs clairs ».

Des incursions inopinées, parfois au sein même de l'école, sont souvent effectuées par des personnes en civil et non identifiées. Les absences d'élèves ou de professeurs sont souvent imprévues.

Un tel contexte nécessite des efforts permanents pour s'adapter et concilier vie personnelle, vie étudiante et vie familiale, tout en préservant malgré tout une vie sociale !

M., étudiant en Ingénierie des équipements médicaux, 22 ans : « La vie universitaire est difficile en général. Notre vie d'étudiants, avec la situation actuelle et les conditions difficiles ainsi que la difficulté des déplacements, est globalement compliquée à cause de l'occupation. La vie est dure pour moi et, pour tous les étudiants, la difficulté augmente. Les principaux défis résident dans les entraves à la mobilité et la précarité financière ».

R.H., jeune étudiante de 14 ans, classe de violon : « une crainte et une inquiétude quand l'armée entre dans l'auditoire et se glisse parmi les civils. L'école improvise parfois les cours dans d'autres lieux que les auditoires habituels, mais parfois, il est impossible de s'entraîner correctement et régulièrement ».

Cette situation provoque une sensation d'épuisement, voire de découragement. A ce constat partagé par tous et toutes, s'ajoute, pour la mère de 4 enfants : « Aller tôt à l'université, revenir tard à la maison, et gérer les responsabilités des études, de la maison et des enfants ».

En conclusion : D'une manière générale, nous savons que la vie des étudiant·es, des professeur·es et de nos partenaires est, depuis octobre 2023, douloureusement affectée par les ondes de choc de la guerre à Gaza sur le territoire occupé de Cisjordanie. Aujourd'hui, il est affolant de constater que la population de Cisjordanie est à son tour aux prises avec les menaces d'annexion et d'expulsion et la répression sans cesse croissante du gouvernement extrémiste et jusqu'au-boutiste d'Israël et de son armée. Sans compter la violence débridée des colons, soutenus par l'armée dans leur entreprise d'extension de leurs colonies au détriment de la population palestinienne, ce qui contribue à renforcer l'apartheid et à annexer progressivement le territoire de la Cisjordanie.

Face à de telles violences, les messages de nos étudiants et étudiantes méritent notre admiration. Ils et elles impressionnent par le courage à continuer de se rendre dans les locaux de leur institution malgré les entraves quotidiennes, le découragement compréhensible devant les craintes omniprésentes, dont celle, existentielle, d'un peuple de plus en plus menacé dans sa survie même.

Malgré une situation socio-économique fortement dégradée au cours des deux dernières années, la répression et la violence portées jusqu'aux portes des auditoires, indéniables sources d'angoisse permanente, les études restent pour ces jeunes ressource d'espoir et promesse de réussite.

Elles s'inscrivent dans la droite ligne de cette déclaration de Loay Ballavi, un musicien palestinien : « Dire, moi je veux vivre, je veux manger, je veux boire, je veux jouer de la musique, je veux m'amuser, je veux étudier, c'est déjà résister. »

HOPE s'est fixé comme objectif de soutenir financièrement ces étudiant·es à réaliser ce projet, en leur permettant de survivre aujourd'hui, avec l'espoir de pouvoir un jour simplement vivre pour être en mesure d'accompagner et de servir leur peuple.

Aujourd'hui, 45 jeunes bénéficient de notre soutien. Nous ambitionnons de pouvoir en soutenir bien davantage.

Seule votre générosité et celle d'un nombre croissant de sympathisants et sympathisantes nous permettra d'y parvenir. N'hésitez pas à partager largement les informations ci-dessus et notre appel.

MERCI d'avance.

L'équipe de HOPE.

Nous profitons de cette lettre pour adresser nos plus vifs remerciements à tous ceux et toutes celles qui ont collaboré à cet échange de questions/réponses : nos traducteurs et traductrices bénévoles, les comités locaux, notre interface indispensable avec les étudiants·e·s, et celles et ceux qui ont accepté de nous livrer leurs témoignages sur leurs vécus et leurs difficultés.

Nouvelles de HOPE

Activités futures :

- Ce 10 octobre 2025 à partir de 18h30, repas de solidarité à Bouge. Infos auprès de Colette Godfrin, 0474/720045 ou colette.godfrin@gmail.com.

- En collaboration avec August Vermeylenkring/Curieus, le 30 novembre 2025 à partir de 10h30, un brunch convivial belgo-palestinien au WABO, avenue Delleur 39/43 à 1170 Watermael-Boitsfort. PAF : 28 € pour les adultes et 12 € pour les enfants. Réservation obligatoire par virement sur le compte BE45 0015 1107 4989 de HOPE, avec la communication : Brunch 30/11 + nombre de convives. Infos complémentaires auprès de Françoise (0498 04 01 03) ou Muriel (0476 86 00 25).

Informations pratiques :

Compte de Hope : BE45 0015 1107 4989 (une attestation fiscale vous est délivrée annuellement dès 40 euros de dons).

- L'indication du numéro national dans l'attestation fiscale est devenue une obligation légale. Si ce n'est déjà fait, n'oubliez pas de nous communiquer ce n°, soit via la communication qui accompagne le virement bancaire, soit en envoyant un courriel à l'adresse info@hopeforpalestinianstudents.be.

- Vos données personnelles sont uniquement accessibles aux administrateurs et utilisées dans le respect du Règlement général sur la protection de la vie privée. N'hésitez pas à nous signaler si vous souhaitez que ces données soient modifiées ou supprimées de notre fichier.

Hope for Palestinian Students asbl (en abrégé Hope) – n° BCE 886 018 388

7 avenue Albertine B-1330 Rixensart – RPM Nivelles

Site internet : www.hopeforpalestinianstudents.be

Adresse mail : info@hopeforpalestinianstudents.be

Si vous souhaitez en faire davantage pour la Palestine, nous vous relayons deux appels à soutien qui nous tiennent à coeur :

Pour défendre le peuple palestinien et lutter contre l'impunité des crimes commis à Gaza, l'Association belgo-palestinienne a lancé plusieurs actions en justice :

- poursuites pénales contre des personnes et institutions impliquées, directement ou par négligence, dans le génocide ;

- plaintes déposées contre des Belgo-Israéliens (colons ou soldats) accusés d'incitation au génocide ou de participation à des meurtres de civils palestiniens ;

- mise en demeure de l'État belge pour non-respect de ses obligations internationales (convention de 1948 sur le génocide), pour avoir manqué à son obligation d'empêcher ces

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