Copie de Newsletter avril 2026

06/05/2026

Chers amis et amies,

Chers sympathisantes et sympathisants,

Nous espérions enfin pouvoir retourner en Cisjordanie en 2026 afin de rencontrer nos partenaires et les étudiants boursiers. La situation actuelle aux Proche-Orient et Moyen-Orient nous l'interdit.

Nous maintenons évidemment des contacts réguliers avec nos partenaires par mail et via WhatsApp. Les nouvelles récentes dont nous nous faisons écho dans ce courrier ne sont malheureusement pas réjouissantes.

SITUATION GENERALE EN CISJORDANIE

Sous le titre « Cisjordanie occupée : L'ONU craint un « nettoyage ethnique », voici ce qu'on peut lire sur le site ONU info du 17 mars 2026 à propos de la Cisjordanie (https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158573) :

« Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), qui vient de publier son dernier rapport couvrant la période allant de novembre 2024 à fin octobre 2025, « les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza (...), semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif » sur l'ensemble des territoires occupés, « qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique.»

Le document souligne aussi le risque accru de déplacement auquel sont exposés des milliers de Palestiniens appartenant à des communautés bédouines situées au nord-est de Jérusalem-Est en raison de l'avancement des projets de colonisation sur place.

Le « transfert illégal » de Palestiniens « constitue un crime de guerre », note le Haut-Commissariat. Et « dans certaines circonstances », de tels actes peuvent même « s'apparenter à un crime contre l'humanité ».

Le rapport conclut également que le transfert de pouvoir de l'armée israélienne aux autorités civiles, les mesures visant à confisquer des terres palestiniennes pour l'expansion des colonies, ainsi que d'autres politiques et pratiques discriminatoires « constitueraient un régime institutionnalisé de discrimination, d'oppression et de violence systématiques de la part d'Israël à l'encontre des Palestiniens », en violation de l'interdiction de la ségrégation raciale et de l'apartheid prévue par le droit international.

Plus largement, le document fait état, sur la période concernée, de « l'avancement ou de l'approbation, par les autorités israéliennes, de 36.973 unités de logement dans les colonies de Jérusalem-Est occupée et d'environ 27.200 dans le reste de la Cisjordanie ». Un nombre sans précédent de 84 nouveaux avant-postes ont également été établis au cours de la période considérée (1).

Ces derniers développements interviennent dans un contexte sécuritaire lourd. Les violences dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 ont flambé depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et se sont poursuivies malgré l'entrée en vigueur le 10 octobre d'un cessez-le-feu à Gaza.


Ce rapport, qui couvre une période de 12 mois, recense 1.732 incidents de violence commis par des colons ayant entraîné des blessés ou des dégâts matériels, contre 1.400 au cours de la période précédente. Cela inclut le harcèlement incessant, l'intimidation et la destruction de maisons et de terres agricoles.

Les attaques quotidiennes menées par des colons armés, des soldats et des « colons-soldats » – dont beaucoup ont été armés, équipés et formés par les autorités de l'État –, ainsi que la fermeture de nouvelles terres aux propriétaires fonciers et aux récoltants palestiniens, ont fait de l'année 2025 la pire depuis des décennies.

« La violence des colons s'est poursuivie de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central », indique le rapport, relevant que l'impunité persistante et généralisée « facilite et encourage la violence et le harcèlement à l'encontre des Palestiniens » ».

  • Note de Hope : Nous avons appris, via la coordinatrice du jumelage entre Ixelles et Zababdeh, qu'un tel avant-poste s'est installé à 10 km à l'est du village de Zababdeh, ce qui implique une présence accrue et quotidienne de l'armée israélienne dans ou aux alentours du village, avec toute la tension que cela entraîne. Jusqu'à présent, aucun incident grave n'est intervenu mais la population est évidemment fort inquiète.

Des nouvelles d'Al Kamandjâti : Incursion de l'armée israélienne et vandalisation des locaux de notre partenaire

Le 26 janvier 2026, l'armée israélienne a envahi le centre Al Kamandjâti dans le camp de réfugiés de Qalandia. Lorsde cette opération, les forces d'occupation ont délibérément cassé tous les instruments de musique, endommagé le mobilier et causé de très lourds dégâts aux installations du centre, qui appartient à l'association des femmes du camp.

Cet acte s'inscrit dans un contexte de ciblage régulier des centres culturels et éducatifs communautaires palestiniens.

Outre les dégâts matériels, cette incursion extrêmement violente a eu un impact psychologique important sur les enfants, qui viennent y découvrir et répéter la musique. De nombreux élèves ont été profondément bouleversés par le saccage de ce lieu de bien-être, car au-delà d'un espace musical, le centre représente un lieu de soutien émotionnel pour ces enfants qui y trouvent un accueil sûr et chaleureux d'apprentissage. C'est pour eux un endroit où ils peuvent passer du temps de manière constructive, gagner en confiance et développer un sentiment d'appartenance commune.

Pour rappel, l'association Al Kamandjâti œuvre à rendre l'éducation musicale accessible aux enfants palestiniens.

Outre les écoles de musique à Ramallah et Jénine au sein desquelles étudient les 5 boursiers de Hope, Al Kamandjâti anime également des centres musicaux dans des communautés marginalisées et des camps de réfugiés en Palestine et au Liban.

Ce que nous écrivent les comités locaux de nos deux universités partenaires

Depuis le début des tensions régionales et du conflit avec l'Iran, les deux universités ont adopté un système d'enseignement hybride afin d'assurer la continuité des études : à AAUP, cours en présentiel pour ceux qui peuvent se rendre sur le campus et à distance pour les autres. À Al Quds, enseignement en ligne pour tous les cours théoriques.

Cependant, les travaux pratiques, tels que les séances de laboratoire, ne peuvent être dispensés efficacement en ligne et continuent d'avoir lieu sur le campus, dans le strict respect des mesures de sécurité nécessaires pour garantir le bien-être des étudiants et du personnel.

Une telle situation perturbe le processus éducatif. Les étudiants sont confrontés à un stress psychologique croissant, en raison des restrictions de déplacement et des difficultés générales imposées par l'occupation israélienne, à des difficultés financières et à une instabilité dans leur vie quotidienne, autant d'éléments qui affectent directement leurs résultats scolaires et leur capacité de concentration, ce qui compromet davantage la poursuite de leurs études.

Les modalités d'enseignement sont réévaluées et mises à jour chaque semaine en fonction de l'évolution de la situation. Malgré ces difficultés, l'université met tout en œuvre pour maintenir la qualité de son enseignement et soutenir ses étudiants.

Les dernières nouvelles reçues de Palestinian Medical Relief Society

Pour rappel, outre son école de santé communautaire, PMRS est une ONG palestinienne fort active en Palestine dans le domaine de la santé. Voici ce qu'ils nous ont écrit à propos des difficultés rencontrées dans leur travail :

« Les guerres ne font pas que des blessés et des morts ; elles entraînent l'effondrement de systèmes entiers, laissant les populations avec des choix de vie très limités. La situation en Cisjordanie et à Gaza n'a cessé de se détériorer depuis le début du conflit en 2023. Durant cette période difficile, dont les effets se font encore sentir, les équipes médicales ont déployé tous leurs efforts, chacune dans son domaine de spécialité, s'efforçant de renforcer et de soutenir la population touchée.

Les équipes mobiles sont contraintes de parcourir de plus longues distances en raison des barrières installées aux entrées des villages et des villes. Ces barrières s'ouvrent et se ferment de manière imprévisible, et beaucoup restent fermées en permanence. Cela oblige les équipes à emprunter des itinéraires plus longs et plus épuisants. Parfois, ils doivent même traverser à pied pour se rendre sur leurs lieux de travail, et de nouveau pour rentrer chez eux.

Les points de contrôle constituent un autre obstacle majeur, transformant un simple trajet en un long et épuisant périple. Les membres des équipes sont souvent arrêtés, retardés, contraints de descendre de leurs véhicules, soumis à des inspections approfondies, à des contrôles d'identité et forcés d'attendre longtemps en plein soleil. Ces incidents se répètent, alourdissant leur charge physique et émotionnelle. Pourtant, comme arrêter n'est pas une option, les équipes continuent de travailler avec le plus grand professionnalisme, prodiguant des soins avec le même engagement, la même précision et la même dignité, quelles que soient les conditions.

La violence des colons est un autre facteur critique qui affecte gravement la prestation de services. Elle nuit directement à la population, privant les personnes des zones les plus touchées de leurs droits les plus fondamentaux.

Lors de leurs visites, les équipes sont confrontées à des menaces directes de la part des colons, qui leur ordonnent d'arrêter leur travail ou de réduire leurs heures. En avril, une des équipes mobiles a été suivie par un groupe de colons, assiégée dans une maison pendant plusieurs heures, menacée et insultée. Au cours de la même période, une autre équipe a été arrêtée, interrogée et terrorisée. Il ne s'agit plus d'un incident isolé, mais d'une réalité quotidienne à laquelle les équipes doivent faire face avec courage.

Malgré le niveau de danger élevé, les équipes restent motivées. Elles croient profondément en l'importance de leur rôle dans le renforcement de la résilience de leur population.

Le PMRS ne reculera pas. Il continuera d'opérer dans les circonstances les plus difficiles. »

Un appel du Conseil d'administration de Hope

La gestion de l'association repose actuellement sur ses cinq administrateurs bénévoles auxquels quelques membres apportent ponctuellement leur soutien, ce qui n'est pas suffisant pour atteindre des objectifs plus ambitieux.

En effet, les tâches que l'on peut répartir en 6 axes : partenariat, communication, sensibilisation/activités, boursiers, administratif et financier, sont très variées et fort lourdes pour notre petite équipe. L'étoffer en recrutant des bénévoles permettrait d'assurer pleinement le bon fonctionnement de l'association.

Nous lançons donc un appel pressant auprès de nos membres et sympathisants pour venir renforcer l'équipe de Hope. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

Si vous êtes intéressé·e ou si vous souhaitez en savoir plus sur notre travail, n'hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone (Gabrielle : 0472 778 887, Françoise : 0498 040 103).

En conclusion,

HOPE s'est fixé comme objectif de soutenir financièrement les étudiant·es en leur permettant de survivre aujourd'hui, avec l'espoir de pouvoir un jour simplement vivre et servir leur peuple.

Aujourd'hui, 46 jeunes Palestinien·nes bénéficient de notre soutien. Pour répondre à la demande de nos partenaires, dont les étudiants voient leur situation socio-économique se détériorer davantage, nous souhaiterions cette année augmenter notre nombre de bourses.

Seule votre générosité (compte de Hope : BE45 0015 1107 4989) et votre éventuel engagement à nos côtés nous permettront d'y parvenir.

N'hésitez pas à partager largement les informations ci-dessus et notre appel. 

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